Alexia Zamuner

Née en 1988

Diplômée de l’École nationale supérieure d’art de Bourges en 2016

Persistance rétinienne. Sentir le bois du parquet, la douceur du velours, l’odeur de la fumée. Utiliser le film cinématographique dans l’espoir de faire ressortir une narration de ces images fixes dans une invitation au spectateur à l’emplir de son imaginaire. Figer sur le papier avant qu’ils ne disparaissent. Caché dévoilé, montré dissimulé. Cette dualité ne passe pas d’un état à un autre, il y a toujours un entre deux, un moment où, la main glisse, attrape le bouton, l’accroche, l’attache. Il y a le geste, arrêté sur image, une tentative de narrativité, sous forme d’une sorte de zootrope ou de bande dessinée. Décomposer le geste pour mieux l’étudier, pour mieux le comprendre, de l’habillé à la nudité, de la force à la fragilité. Corps qui disparaît également dans le papier, le graphite s’amenuise gommé et regommé. Plus les corps se dénudent, plus ils disparaissent. Laisser la place au vide, et le mettre en exergue par son absence. Parfois, les corps se donnent en spectacle. Ils sont illuminés, enluminés, mis en scène. La flaque d’aquarelle, la lumière qui se pose sur la chair. Malgré tous ses efforts, le papier se retrouve à nu, la peinture et le papier lui-même s’effeuillent, au rythme du modèle, et les vêtements tombent comme des pétales. Le vêtement fait contraste, il est aplat de couleur qui se fripe, qui se voile, qui s’étire et se plie, cache comme une armure ce corps invisible qui disparaît au profit des formes géométriques.

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