Amandine Simonnet

Née en 1993

Diplômée de l’École supérieure d’art d’Aix-en-Provence en 2016

« Sortir d’une maîtrise académique, de l’échelle de la main, du Dessin. Contraindre le corps, ses habitudes et ses conforts. S’imposer des règles à suivre, forcer, répéter, automatiser le geste, l’épuiser. L’épuiser tout comme l’outil noir, fragile, friable et indécis. Ne plus taire l’accident, la trace involontaire, l’échappée face à la dictée. Pour au final, entamer une lutte, un dialogue entre lâcher prise et maîtrise de soi, choix. »

Il est d’abord question d’une expérience, entre le geste, l’espace et le temps ; d’une navigation entre le contrôle et l’abandon du corps dans la pratique du dessin. Issue d’une lassitude face à une technique très traditionnelle, cette recherche, à la fois point de départ et ligne directrice, m’amène aujourd’hui à explorer le dessin plus seulement comme une forme autonome, mais comme un processus performatif, dans lequel le contrôle et l’accident se rencontrent et luttent. Pour provoquer ce duel, et me libérer de cette emprise académique, j’établis préalablement des protocoles de dessin (séries d’instructions), qui contraignent mon corps à suivre un déplacement ou un tracé, dans un temps et un espace donné. En m’imposant généralement des gestuelles répétitives, rythmées ou endurantes, cette façon de procéder me permet de me laisser guider, forçant ainsi mes gestes à s’automatiser. Mais dans ces différents processus, il arrive toujours un moment durant lequel mon corps n’arrive plus à suivre la cadence : il s’écarte alors du protocole en trouvant ses propres limites ou ses propres libertés. Il s’agit ainsi plus précisément de m’imposer des règles de dessin tout en m’en échappant, que la fuite soit volontaire ou accidentelle. C’est avant tout une volonté d’explorer la résistance, les potentialités de ce corps, qui par bien des aspects, est aussi indécis que son outil : au fur et à mesure qu’il s’épuise, il se dompte ou bien se brise.