Anne-Sophie Ardavin

Née en 1982

Etudiante en L2 Arts plastiques à l’université de Lille 3

Le fil conducteur de ma pratique se porte sur l’extraction du dedans au dehors. L’accumulation qui s’opère par des gestes respectifs est visible dans mes réalisations au même titre que les modifications des perceptions en jouant sur différentes échelles. La question de l’espace et surtout du vide, que je vois comme un espace de disponibilités, se pose régulièrement dans mon travail. Sans doute marquées par l’influence de ma formation d’infirmière, mes recherches m’amènent à travailler sur le réseau du vivant ; plus précisément je suis fascinée par le microbiote, écosystème composé de micro-organismes qui viennent bouleverser la conception que nous avons eue jusqu’alors de notre identité.

Je viens altérer les échelles, les dimensions en transformant un microcosme cellulaire en macrocosme de formes biomorphiques, on ressent à la fois une présence et une absence du corps, les cellules deviennent l’élément central de l’individu en inventant mes propres représentations de l’intérieur du corps. Je cherche à exprimer l’intimité et le secret intérieur. Pour ce qui est de l’espace je viens modifier les perceptions que l’on se fait d’un lieu, l’essentiel selon moi est invisible. Mes installations viennent obstruer le vide et intègre l’activité perceptuelle du public au centre de mes préoccupations ainsi que l’implication corporelle du spectateur dans une expérience esthétique active. Le corps est mis en mouvement pour accéder à une vision nouvelle de l’espace mais aussi de tout le vide qui en constitue le volume.

Mes pratiques sont très protéiformes, néanmoins mes recherches me poussent vers l’utilisation du textile. J’ai un lien sensible avec ce matériau que je déchire, coupe, remplis et coud. Ce qui m’intéresse avec le tissu, c’est le lien étroit qui existe entre le textile et l’humain. Le tissu est comme une peau qui garde l’empreinte que je lui donne, ce qui rend ce matériau vivant et lui donne une matérialité charnelle. Il devient motif ou volume. Je le trace ou le modèle jusqu’à une version simplifiée, en passant par des volumes organiques évocateurs. Mon travail avec la fibre s’apparente parfois à un travail de sculpture.

La réticulation du monde est au centre de mes questionnements, je m’inspire du vivant en le matérialisant, j’implique le spectateur dans une action corporelle qui ferait ainsi voyager son microbiote et créerait un nouveau réseau. Je ne réduis pas mon champ de travail à ces seules recherches, mais je ne peux nier qu’il prend une place très importante dans ma démarche artistique à ce jour.