Axelle Labrousse

Née en 1995

Étudiante en 4e année à l’École nationale supérieure d’art de Limoges

Le point de départ de ma pratique est la matière. La matière, comme je la nomme, n’est pas de l’ordre des matières premières, c’est pour moi le résidu, le débris d’un après usage, ce moment où l’objet redevient matière. La récupération, la collecte sont à la base de mon processus. Mon travail se définit principalement par des actions, des déplacements d’une matière vers un état, d’une matière vers une autre, d’un objet vers une matière. Entre assemblage et installation, j’essaye de voir la matière vue d’en bas, d’en-dessous, l’en-deçà de la matière. Je procède majoritairement par confrontation, amener une forme ou une matière où on ne l’attendait pas. La pratique du moule, et donc majoritairement de la céramique, est importante pour moi, elle est souvent une de mes premières actions pour qu’un objet redevienne matière. Elle me permet aussi de travailler en série, une série de versions d’une forme. La céramique est un matériau qui passe par plusieurs états du liquide au solide par l’action du feu, ce sont ces changements d’état ou de position de regard déclenchés par une action ou une condition qui définissent mon champ plastique. À l’image de l’hydromancie (art d’interpréter les formes que dessine l’huile en tombant sur l’eau, art de divination), chacune de mes pièces est une expérience, essayant de mélanger des matières non miscibles.