Chadine Amghar

Née en 1997

Étudiante en 1e année à l’École nationale supérieure des Beaux-arts de Paris

Dans ma démarche artistique, je cherche généralement à ce que le premier regard fasse penser à un travail précis et méthodique, mais qu’en regardant de plus près on saisisse que la proposition est impossible, voire troublante. Je ne cherche pas à ce que les choses soient belles, je veux qu’elles intriguent. J’ai par exemple pu faire une série de cinq dessins performatifs, Aliénation, où le temps d’une semaine scolaire, du lundi au vendredi, je me suis assise chaque jour à ma table devant une feuille d’école simple perforée grands carreaux sur laquelle j’ai dessiné un crayon, et chaque jour de 8h à 17h je l’ai gommé jusqu’à l’épuisement du papier.

J’ai également beaucoup travaillé cette année en reprenant des codes de l’architecture mais en les maltraitant, en tentant d’instaurer un sentiment de fragilité et d’instabilité, sans respect des structures. J’ai fait des très hautes maquettes branlantes en carton-plume. J’aime faire très sérieusement des choses que je ne sais pas faire, pour essayer à la fois d’en voir le dérisoire et de les mettre en valeur. Par exemple je me suis aperçu que dans les galeries je regardais autant les œuvres que les plafonds, et que c’était là les seules surfaces libres, alors j’ai décidé d’en faire un relevé, comme des croquis d’architecte, avec des repentirs et des gommages, pour les basculer à 90°, accrochés aux murs sous les plafonds, qu’ils puissent enfin devenir des nouveaux murs d’exposition.