Eugénie Lempaszak

Née en 1997

Étudiante en 3e année à l’École supérieure d’art et de design de Valenciennes

La notion de système est largement définie par un ensemble d’éléments considérés dans leurs relations à l’intérieur d’un tout fonctionnant de manière unitaire. Dans une définition plus resserrée, le système relève d’un ensemble abstrait coordonné par une loi, une doctrine ou une théorie ; il trouve son origine dans le domaine du naturel dans un premier temps, le domaine des sciences dans un second temps. Cette pluralité dans leur origine découle à une multiplicité de lectures envisageables pour les appréhender : si les systèmes naturels s’inscrivent dans un temps et un espace facilement compréhensibles pour nous, les systèmes physiques relèvent de dimensions temporelles et physiques qui échappent à notre perception. Ainsi leur étude se positionne dans des champs dont la portée dépasse en de nombreux aspects notre propre réalité. Leurs propriétés théoriques fournissent alors à la réflexion des projets, nombre de concepts réinvestis dans le champ de l’art.

Ce champ entre alors dans une dualité avec les champs d’étude précédemment cités, convergeant dans une réalité autre que deviens la réalité plastique. C’est alors au sein de cette même réalité que va s’affirmer la place capitale du concept, noyau principal du travail, se nourrissant d’apports théoriques de multiples domaines tels la physique, les sciences naturelles ou les mathématiques, mais également de références plastiques. La notion d’aléatoire, ainsi que son utilisation, trouve également une place centrale dans le travail, en étant dans de nombreux cas un des outils principaux dans la réalisation des pièces.

Cette étude interdisciplinaire se forme donc sur des liaisons de concept entre ces deux pôles, créant des outils théoriques et formels destinés à être employés dans la création de projets questionnant notre relation à la perception, aux règles régissant notre réalité. L’étude entre plusieurs disciplines des systèmes pousse donc à une compréhension différente de la réalité donnée, relevant les limites de la perception à notre échelle. L’investissement dans le champ des arts de ces nombreuses sources d’inspiration scientifiques conduit donc à un travail commandé tant par des concepts que par leur mise en œuvre, engageant donc une pratique plus processuelle fondée sur l’aléatoire dans la réflexion et la réalisation des pièces. Ainsi, la réflexion, qui obéit à des théories fondées, s’articule avec la notion de laisser faire, laisser apparaître la forme, dans une globalité où chacun à une importance déterminante. Les formes plastiques qui s’en dégagent sont alors organiques, géométriquement non définissables. Elles suscitent alors une pluralité de lectures, venant poser un questionnement quant à leurs origines. De cette pluralité découle en premier lieu une réflexion basée sur la perception que nous construisons en rapport à la réalité donnée et ses limites, mais également un questionnement du naturel quant au culturel, ainsi que sur le rôle de l’artiste théoricien.