France Manoush Sahatdjian

Née en 1990

Diplômée de l’École d’enseignement supérieur d’art de Bordeaux

Mon travail visuel s’intéresse à un degré zéro du corps. Une question simple, et infiniment complexe à la fois, m’anime en permanence. Qu’est-ce qu’être ? Qu’est-ce qu’avoir un corps ? Le langage est mon premier matériau de travail. Il est, littéralement, constitutif des actions et des formes que je produis. Mes peintures, mes vidéos, mes textes et plus récemment mon rapport à la performance, sont toujours des étapes de création en même temps que la concrétisation d’un travail de pensée. La pensée comme genèse, constamment à l’œuvre et en devenir-œuvre. Matière, forme et processus de recherche, ma pensée est mon outil plastique, elle est consubstantielle. À ce titre je me réclame indissociablement chercheuse et plasticienne. M’interroger sur l’apostrophe d’un titre tel que « La Convocation », m’a conduite à en retourner l’aspect autoritaire. Et, à rebours, envisager son potentiel radical, comme étant l’expression de la plus grande force de proposition envisageable qui puisse être donnée. En ce sens, la convocation me semble alors devenir le point culminant, le degré poussé à son paroxysme de l’appel. L’appel en tant que mobilisation. Etre convié, prié, invité ; mais avec détermination, force et vigueur à : répondre. C’est-à-dire donner sa voix et l’acter. Si le caractère impérieux du terme lui assigne d’emblée celui de la contention, c’est très précisément ce qui retient mon attention. La contrainte m’intéresse singulièrement. Non en ce qu’elle empêche, mais en ce qu’elle permet. Elle fonctionne à mes yeux comme une donnée structurante et me permet de jouer avec le référent, c’est-à-dire le rapport que l’on entretient avec le sens et, de fait, à sa relativité.

S’ouvre alors un vaste champ de construction/déconstruction, dont les combinaisons, à l’instar des articulations oulipiennes, sont aussi multiples que réjouissantes. Le langage et le(s) corps m’apparaissent donc comme des variations de sens, des grilles de lecture et des possibilités signifiantes. J’observe leurs fondements, leur structure, je les questionne et prends plaisir à jouer avec.

La Convocation est un appel qui ne mâche pas ses mots. Réjouissante de fait, de par la qualité radicale de sa démarche. C’est en ce sens que j’ai choisi d’arrêter un corpus exhaustif et resserré de mes pièces les plus engagées.

www.francesahatdjian.com