Justin Weiler

Né en 1990

Étudiant en 5e année à l’École nationale supérieure des Beaux-arts de Paris

Peindre est quelque chose de résolument charnel, avec ses odeurs, sa saleté et son inconfort. Je me sens parfois comme un boucher… La peinture c’est avant tout une question d’obsession. Si j’avais su ce que peindre signifie, je veux dire, ce que faire corps avec la peinture signifie, je pense que face à l’ampleur de la tâche je ne l’aurais jamais affrontée. J’ai donc commencé la peinture avec une grande incompréhension et je m’y suis jeté.

Un fil conducteur réunit l’ensemble de ma production ; quelque chose qui touche à la condition humaine et à la question des vanités.

J’ai mis en place plusieurs systèmes de contraintes afin d’explorer la peinture : supprimer une couleur de ma palette, ne m’attacher qu’à un seul sujet, jouer avec la reprise de tableaux de grands maîtres en me les réappropriant.

Puis, le champ de la peinture s’est ouvert au lavis. L’encre de chine me permet de mettre une distance avec mon médium de prédilection et de sortir de l’image. Je quitte la peinture charnelle. Ce médium que je travaille en succession de couches monochromatiques me permet de varier l’intensité de la couleur et de mettre une distance.

Je peins à partir d’imagination ou de mes propres photographies. Les plantes exposées en vitrine en quasi nature morte s’apparentent pour moi à des vanités. Contrairement aux serres qui représentent un petit monde utopique fabriqué par l’homme, les vitrines me renvoient à mon propre enfermement ; on ne peut que faner.

J’ai conçu mon projet de « la Grande Serre » sans dissocier le dispositif d’accrochage et d’encadrement qui font partie intégrante de l’œuvre. Le cadre vient dessiner la structure de la vitrine et la vitre met une distance avec le spectateur.

Mon obsession des plantes, m’a conduit à les rechercher partout, mais lors de ma résidence au Liban, je n’ai vu que des rideaux de fer et j’ai alors développé un projet initié par ces rideaux de fer criblés de balles. Les motifs de ces lignes horizontales sont soulignés par une lumière forte et zénithale contrastée par ces trous noirs, qui comme sur une partition viennent dessiner des notes de musique. Ces partitions sensibles écrivent une musique prenante et énigmatique. L’opposition formelle entre la radicalité des stores et la sensibilité du végétal se rejoignent.

Mon nouveau projet en cours « Bouquet pour Annie » sera une œuvre composée de 81 cadres venant constituer une pièce finale d’un format de 360 x 240cm. Là encore je m’intéresse à cette catégorie particulière de nature morte que sont les vanités, Il s’agit de la représentation d’un bouquet en train de faner.

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