Louise-Margot Decombas

Née en 1994

Etudiante en 4e année à l’École nationale supérieure des Beaux-arts de Paris

Mon travail se situe au croisement de pratiques mixtes. Mes photographies, non mises en scène, constituent la ressource d’une documentation iconographique de la vie quotidienne dans les quartiers résidentiels aux confins des lignes de bus. Je vais là où les affaires s’entassent dans les chambres et où les objets envahissent les arrière-cours et les jardins.

Ces photographies que j’accumule constituent ainsi un répertoire de formes, de couleurs et de contextes que j’utilise ensuite dans mes différentes productions, dont de grandes installations photographiques prenant des formes variées en fonction des espaces d’exposition.

Mes territoires de recherches m’amènent à interroger les notions d’impermanence, de transition, de normes, de codes et d’apprentissage ; mais aussi de standardisation de l’habitat et des interactions entre construction identitaire et environnement social. Le rapport qu’entretient le corps à son espace est pour moi un champ d’expérimentation récurrent. Je m’intéresse le plus souvent aux corps féminins en situation de vulnérabilité, de pudeur, et là a manière dont les corps se cachent ou se montrent. Ils ne sont pas glorieux et arrogants : ils sont humbles, relâchés et accrochent le regard.

Au gré des projets, mes pièces prennent diverses formes : des sculptures, de grands dessins à même le mur, des multiples (sérigraphies, impressions offset), des photographies ou encore des vidéos qui se répondent lors de mes accrochages.

Ainsi, mes propositions liées à l’image cohabitent souvent avec des sculptures. Constituées de plâtre, de résine, de métal, de savon bon marché, de fourrure synthétique ou encore de tissus issus du foyer (nappes, rideaux, draps…), celles-ci évoquent souvent l’univers du jouet, et en particulier des objets d’attachement familiers comme les peluches, dont je me plais à détourner les usages et représentations conventionnelles.

Mes pièces jouent des différences entre le mou, le dur et le lourd ; entre l’échelle des corps de l’adulte et de l’enfant ; et elles m’amènent à chercher une tension entre attirance et répulsion.