Maéva Prigent

Née en 1993

Étudiante en Master Design à l’École supérieure des arts appliqués Duperré

Mon travail est orienté sur le déplacement : à travers la mobilité mais aussi le détournement. Je m’appuie sur le réel, le quotidien, ou encore sur des matériaux et des techniques pour apprendre à les voir, les comprendre et ensuite les recomposer. Je m’attache à faire se rencontrer des matériaux, des disciplines, à créer une tension entre ce qu’ils véhiculent.

Ma pratique de la céramique était une expérience. J’ai abordé ce matériau pour m’en faire un bagage, apprendre à le connaître et faire face à des contraintes, donc des défis. Je me suis interrogée sur la notion d’équilibre. Prenant la porcelaine comme matière de prédilection, j’ai exploré ses tendances à la déformation, puis ai tenté d’obtenir des pièces régulières : je me suis focalisée sur les possibilités que le module offrait, travaillant à des formes simples dont quiconque peut modifier la disposition. Je m’appuie sur le jeu et détourne l’idée d’usage. Les formes choisies et le matériau de départ soulignent une dimension de risque et de responsabilité pourtant, puisque les pièces peuvent tomber, se briser. L’articulation, la tension, les appuis, la gravité, l’éphémère sont des éléments clés de ce travail.

Par la suite, je me suis concentrée sur des matériaux et objets récupérés, et j’ai procédé à un travail de (re)composition : à la fois réinterprétation de ces choses trouvées, et valorisation de ce qui avait pu être considéré comme du déchet, de l’inutile. L’enjeu était d’avoir des pièces mobiles et modulables. Je tends toujours à allier des contraires, à jouer sur des complémentarités. Cela me permet, au-delà de la dimension visuelle, de créer des surprises tactiles, ou encore de simples décalages qui vont permettre la mise en lumière du banal, que j’aborde notamment au travers de mon travail photographique.

La reprise, la variation autour des séries ou encore le travail sur ce qui n’a pas fonctionné, autrement dit l’accident, est également une de mes problématiques. J’engage alors à nouveau une question sur le regard : qu’est-ce qui a raté, pourquoi, comment valoriser cet échec? C’est redonner sa dimension nécessaire à l’expérience, la tentative.