Marion Schutz

Née en 1992

Diplômée de la Haute école des arts du Rhin en 2016

NECROPOLIS est une ville miniaturisée. Schématique, sans localisation géographique ni datation temporelle, elle est constituée d’un ensemble modulaire qui révèle des correspondances entre l’architecture brutaliste et l’esthétique de la ruine. Construite à partir de béton et de polystyrène, l’espace qu’elle déploie semble éternellement figé dans un stade géologique. Évoquant un monde clos au sein duquel le langage du minéral produit le récit d’une humanité fictive. S’appuyant sur les propositions expérimentales de l’Architecture Radicale et de certains projets utopiques comme Brasilia et Chandigarh, NECROPOLIS pensé ici comme un espace de projection, appartient autant au monde de l’archéologie qu’à celui de la science-fiction.

Concordia est une séquence vidéo projetée en boucle. Elle a été tournée dans la vallée des temples à Agrigente en Sicile, lors d’un vaste programme de restauration du site archéologique qui s’étend jusqu’aux jardins de la Kolombyerta. Autour de l’un des trois temples grecs figurant parmi les mieux conservés au monde, un groupe d’hommes travaillent à combler les brèches du monument. L’un d’eux s’avance et balaye la poussière sur le frontispice du temple. Ce geste, prélevé comme un poème vidéographique, met en abyme le rapport paradoxal qu’entretiennent nos sociétés aux ruines des civilisations disparues dont elles sont héritières.

Une femme se réveille au sommet d’un building. Au travers de l’écran formé par les longs vitrages, elle décrit un phénomène qui conduira les principes de l’architecture moderne à lui refléter le tombeau de l’humanité. Ce récit inachevé est l’origine d’Azul Noce. Mettant en œuvre la matérialité emblématique de l’architecte Ludwig Mies van der Rohe (acier, verre, marbre) et ses principes constructifs (plan libre, phénomènes optiques) Azul Noce propose l’expérience perceptive d’un paysage qui se recompose à l’infini : étendue sur un monde immergé, panorama réduit à des masses géologiques élémentaires, skyline qui semble flotter au-dessus du vide.

1957, Plainfield, New Jersey, USA. Suite à la disparition de Bernice Worden en novembre 1957, une perquisition est effectuée par le shérif Schley au domicile d’Edward Gein. Il y découvre, entre autre, une boîte à chaussure contenant 9 sexes de femmes. Beauty se présente sous la forme d’un cabinet de criminologie. Un large rideau opaque en plastique détermine un espace derrière lequel le visiteur peut s’isoler. À proximité, une armoire et un bureau lui offrent la possibilité de consulter deux sources documentaires. Les 9 boîtes d’archives sur l’armoire arborent le même répertoire que les 9 pochettes noires sur la table. À l’intérieur se trouve le récit d’une expérience de l’intime ou son objet.

Three Little Pigs est un court métrage dans lequel deux personnages évoquant des famulus monstrueux, exécutent une opération dans un laboratoire Une tête de porc devient l’objet et le scenario d’un mystérieux processus de prélèvement des formes. Une synthèse de la matière produisant un organisme dont on ne peut déterminer véritablement la nature.

Les portraits en ombres fantomatiques de Lepus Mirare sont imprégnés d’une forme esthétique traditionnelle de la gravure, à l’image du célèbre lièvre d’Albrecht Dürer, ou des obscures représentations oniriques de Max Klinger. Par l’empreinte s’opère la transfiguration de dépouilles animales, qui traduisent en s’imprimant la substance de leurs aspects, de leurs caractères et de leurs allures. Frappés sur la lumière du papier, ces masques noirs évoquent la mémoire de créatures mythiques, légendaires, ou chimériques.

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