Stessie Audras

Née en 1988

Diplômée de la Villa Arson – École nationale supérieure d’art de Nice en juin 2016

Au travers d’une certaine efficacité visuelle, voire d’une esthétique qu’on pourrait qualifier (à première vue) de frontale, mon travail de sculpture s’agence de manière assez triviale en croisant low et high culture, références populaires et utilisation de matériaux nobles. Le tout étant mis en forme ici dans une pratique du modelage généralement considérée comme académique.

Révolution surréaliste de l’être : dans mes sculptures un corps dysfonctionnel réintègre une sorte de fonctionnalité sous forme d’objets usuels. Tandis que les objets par leurs nouveaux caractères viscéraux acquièrent une inquiétante étrangeté, familière et menaçante, séductrice mais répulsive.

Voici pour la partie qu’on pourrait appeler l’en-scène du travail. Car il existe aussi un hors-champ important ici. Un ob-scène ou une scène qui précède le crime. Celle de la méthode cachée.

Je travaille en effet sans planche anatomique mais exclusivement à partir de la perception que mon corps a de lui-même. Cette perception s’opère à l’aveugle par tâtonnements successifs dans un jeu d’auto-retranscription qui entraîne fatalement des déformations. Ce sont ces déformations involontaires qui font planer de manière plus obscure une seconde étrangeté, plus burlesque, dans le travail : l’ombre d’un soi absurde et précaire.